Coralie Richaud

En 2003, le droit ne m’évoquait pas grand-chose si ce n’est la marionnette de Jacques Chirac aux Guignols de l’info, la cohabitation et vaguement le quinquennat. Pourtant, cette même année, j’entrais à la faculté de droit de Montpellier bien décidée à … ne pas y rester très longtemps !

Convaincue que j’allais faire des études « courtes », cela était sans compter le cours de droit constitutionnel de première année et ce fameux TD dispensé par celui que vous connaissez tous aujourd’hui le Professeur Julien Bonnet

2004 arrive, le droit me plait et le droit public encore plus. En cause, ce cours passionnant de systèmes juridiques comparés enseigné par le Professeur Éric Sales.

2005, le référendum sur le TECE et les débats organisés à la faculté durant lesquels je découvre le verbe des Professeurs Dominique Rousseau et Paul-Henri Antomattei.
L’affaire était entendue, je resterai plus longtemps que prévu à la faculté.

2006, j’entre fébrilement dans le bureau des relations internationales et je découvre le Professeur Alexandre Viala m’indiquant qu’il ne fallait pas hésiter à participer au programme Erasmus. Une nouvelle fois, la chose était entendue, je continuerai mes études mais cette fois-ci en Angleterre. À l’époque le Brexit n’était pas d’actualité, le programme Erasmus existait encore et mon niveau d’anglais se résumait à celui de Georges Clooney dans la pub Nespresso. Anyway ! Si cette année fut d’une grande richesse, je ne pensais pas qu’elle influencerait autant mes choix universitaires par la suite.

À l’époque, Parcoursup n’existait pas mais la sélection en Master 2 était de rigueur. À mon retour, je candidate donc au Master 2 Droit public général parcours droit constitutionnel à l’époque dirigé par le Professeur Dominique Rousseau. Dans l’été, je reçois un appel de Mme Abbassi m’annonçant ma sélection dans le master. Un de ces appels que l’on n’oublie pas. Et finalement tout s’est très vite enchaîné car je savais désormais que je ne quitterai plus l’Université : le master 2 ; la thèse sur le précédent dans la jurisprudence du Conseil constitutionnel sous la direction du Professeur Dominique Rousseau ; la soutenance en 2015 où j’ai eu la chance de défendre ma thèse devant un éminent jury dont les Professeurs Pierre-Yves Gahdoun, Xavier Philippe et Anne Levade mais également Nicole Maestracci membre du Conseil constitutionnel ; la qualification par le CNU en 2016 et mon recrutement en 2017 comme Maître de conférences en droit public à l’Université de Limoges

Aujourd’hui, j’ai l’immense privilège d’être de l’autre côté de la « chaire », d’enseigner le droit avec un plaisir non dissimulé mais également de poursuivre mes recherches sur des objets passionnants tels le numérique.

Coralie Richaud